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Poème lu par Kristoff  DERVILLE

 

 
   
 
 

auteur:  Saysamone AMPHONESINH

 

Si tu rentres au pays

  Mon cher ami Koupranom ABHAY,
Dû à ma santé et à celle de mon épouse il est très difficile pour nous de faire des voyages lointains, et si ...
 


Si premier tu rentres au pays,
Apporte mes vœux attendris
A tous les gens de mon village,
Aux amis, à l’aréopage,
Aux esprits et âmes errants,
A ceux dont l’ici est manquant.

Si premier tu rentres au pays,
Apporte-leur mes vœux chéris ;
Dis à ma mère(1) que je l’aime
Que c’est pour elle, ce poème ;
Et que jamais je n’oublierais
Ce que les Khoubas
(2) m’enseignaient.

Si premier tu rentres au pays,
Apporte mes vœux adoucis
A la perle alors de mon cœur
A qui j’espère le bonheur,
Et que s’efface pour toujours
Le goût amer de notre amour.

Si premier tu rentres au pays,
Apporte mes vœux infinis
A la pagode de Paksé ;
Prie pour nos amis, nos aînés,
Pour ceux qui déjà sont partis,
Et les bâtisseurs du pays.
(3)

Si premier tu rentres au pays,
Porte-leur mes vœux attendris ;
Des plantes dans les champs voisins,
Plonge pour moi dans le parfum.
Des fleurs de nos frangipaniers,
Offre-toi un riche bouquet.

Si premier tu rentres au pays,
Apporte-leur mes vœux chéris ;
A mère Khone Phapheng
(4) assourdie
Avoue toute ma nostalgie ;
Là mes larmes se sont brisées
Contre ses vagues agitées.

Si premier tu rentres au pays,
Apporte mes vœux adoucis ;
Qu’ils soient monarque ou dirigeant,
Miséreux ou bien paysan,
Propose-leur à tous la paix
Ces débats sont bien trop abstraits.

Si premier tu rentres au pays,
Apporte mes vœux infinis ;
A nos amis, plein de bonheur,
Et puis l’envie du fond du cœur,
Que ma place y soit conservée
Que la flamme soit ravivée.
 

 

Saysamone AMPHONESINH
19 Janvier 2008

 

  

(1) Sao-Ban, les gens du village = pays
(2) Khoubas = les moines , les bonzes, les maîtres.
(3) ceux qui ont construit ce pays peu importe leur origine, leur opinion politique, leur religion, ou leur race.
(4) Chutes de Khone Phapheng au sud du Laos