Poème lu par Kristoff  DERVILLE

 
   
 
 

co-auteur:
Saysamone AMPHONESINH
et
Koupranom Abhay

 

Dork Champa
Fleurs des Frangipaniers

 

Il a été ainsi de tout temps, en tout lieu,
Le destin des Rois, l’amour des hommes et des fleurs,
Se conjuguait dans une alchimie dont seul Dieu
Pouvait dévoiler les succès ou les malheurs.

Le Royaume de Champa grignoté et conquis,
Po Chong Chan est mort exilé et désespéré,
Le Roi Anouvong humilié et empalé,
Son peuple déporté, son Royaume détruit.

Les Siamois appelaient la fleur de mon pays,
La fleur de la tristesse, la fleur du chagrin,
Ils l’ont renommée la fleur de Lilavadi,
Depuis prisée, elles sont plantées dans les jardins.

La Rose Rouge gagna le trône d’Angleterre,
Les Rois des fleurs de Lys ont quasi disparu,
Les roses de Damas ont tout conquis sans guerre,
Les flamboyants ont touché le cœur de Leguay peintre connu.

Les Roses d’Inde fécondes occupent le Laos,
Le symbole de la Thaïlande est l’Orchidée,
Les Sakura sont peintes sur les Kimonos,
Les fuchsias, à défaut de toi, sont gratifiés.

Dork Champa ! Ô ma belle princesse préférée,
Les poètes t’ont chantée, les Lao t’ont magnifiée,
Notre plus belle des chansons  t’a consacrée,
Mes parents t’ont plantée dans tous leurs lieux bénis,
Dans leurs vergers, épanouie, tu nous fais rêver !
Tu es la meilleure des fleurs des floralies.
 
Et tu es la fleur de mon premier rendez-vous,
Au bord du Mékong, mon coeur déborde de tendresse,
Et tu nous surveilles, et moi, et la princesse,
Tout en nous s'envoûtant de ton parfum si doux.

J’aime ton sourire, ton regard, ton bonheur,
J’aime ta fragrance, ta douceur, tes couleurs
 J’aime tes chansons, tes yeux de biche, ta voix d’or,

Entre ciel et terre, tu purifies nos cœurs.

 

Si tu sens son arôme, tu verras mon poème,

Si tu vois cette fleur, tu verras mes pensées,
Si tu vois mon cœur, tu verras que je t'aime,

Si tu vois mon amour, je serais enchanté.

 

Que restera-t-il  de ton effluve si exquis,

Quand le temps cruel aurait fait de moi un vieux,

Et toi, une vieille chandelle décrépite ?

Je t’attendrais toujours malgré mes os goutteux.

 

Ton odeur imprègnera ma peau et mon cœur.

Tu tiendras mon bras jusqu’à ma dernière demeure,

Tu m’accompagneras, on nous enterrera,

Une fleur sur tes cheveux, tu me parfumeras.  

Fleurs de tous les temps, fleurs des dieux, des nostalgies,
Fleurs des ancêtres et fleurs des cérémonies,
Fleurs des bienvenues et fleurs de mon enfance,
Patient, je t’attendrais dans mon jardin de France.

 

co-auteurs :
Saysamone Amphonesinh et Koupranom Abhay

    
 
 
 
 

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