Version Féminine
Quand j’avais dix ans, mon paternel me disait :
« À présent il est l’heure de partir à l’école »
Il m’embarquait illico dans sa vieille bagnole
À peine le temps de finir mon café au lait
À dix-huit berges j’allais encore à l’école
Fallait passer le bac à la fin de l’année
Le soir venu je flageolais sur mes guibolles
Je potassais encore, pas question de télé
Refrain :
Mais quand j’ai vu ce mecton
Franchir la porte de ma classe
Je me suis dit : « C’est Apollon! »
Pas de doute, il avait la classe
Quand j’ai vu ce mâle fatal
Avec ses grands yeux de velours
Comme on dit à Montréal
Moi je suis tombée en amour
À vingt-deux ans passés je vais toujours en classe
Mais cette fois sur les bancs de la faculté
Coup d’bol, je l’ai revu assis à la terrasse
Du Café de la place en train de réviser
En fin de compte, mon paternel avait raison
Ça vaut parfois le coup d’apprendre ses leçons
Ça vaut parfois le coup que l’on se décarcasse
Il est vraiment trop craquant pour que je m’efface
Refrain
À vingt-cinq balais, on part ensemble en vacances
Nos rapports sont très proches de la licence
On s’embrasse, on s’engueule juste ce qu’il faut
On discute, histoire de ne pas bronzer idiots
À trente ans bien tassés, je ne vais plus en classe
Nous créchons tous les deux tout près de Montparnasse
J’écris quelques poèmes, je les dédicace
J’ajoute un petit mot doux aux badauds qui passent
Dans la rue, il peint des œuvres pleines d’audace
C’est du moins ce qu’on raconte dans le quartier
Puis le soir on retourne au Café de la place
Pour revivre un instant nos plus belles années
Refrain
À cinquante ans, je traque toujours le mot juste
Il mélange rouges et bleus, il taille des bustes
Dans l’art de la rime et dans celui des couleurs
Nous avons tous deux appris nos leçons par cœur
De notre bohème, nous n’avons rien perdu
Aujourd’hui encore, à soixante ans révolus
Devant un verre de vin au Café de la place
Nous gardons l’espoir fou de laisser notre trace
Refrain
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Version masculine
Quand j’avais dix ans, mon paternel me disait :
« À présent il est l’heure de partir à l’école »
Il m’embarquait illico dans sa vieille bagnole
À peine le temps de finir mon café au lait
À dix-huit berges j’allais encore à l’école
Fallait passer le bac à la fin de l’année
Le soir venu je flageolais sur mes guibolles
Je potassais encore, pas question de télé
Refrain :
Mais lorsque j’ai vu cette blonde
Franchir la porte de ma classe
Je me suis dit : « C’est la Joconde ! »
Pas de doute, elle avait la classe
Lorsque j’ai vu cette sirène
Ses grands yeux, son port de reine
Je m’suis dit : « Mon pauvre garçon
Tu es amoureux pour de bon ! »
À vingt-deux ans passés je vais toujours en classe
Mais cette fois sur les bancs de la faculté
Coup d’bol, je l’ai revue assise à la terrasse
Du Café de la place en train de réviser
En fin de compte, mon paternel avait raison
Ça vaut parfois le coup d’apprendre ses leçons
Ça vaut parfois le coup que l’on se décarcasse
Elle est vraiment trop jolie pour que je m’efface
Refrain
À vingt-cinq balais, on part ensemble en vacances
Nos rapports sont très proches de la licence
On s’embrasse, on s’engueule juste ce qu’il faut
On discute, histoire de ne pas bronzer idiots
À trente ans bien tassés, je ne vais plus en classe
Nous créchons tous les deux pas loin de Montparnasse
Je vais là où le hasard mène mes godasses
J’écris quelques poèmes, je les dédicace
Elle sculpte et peint des œuvres pleines d’audace
Qu’elle vend aux passants qui traînent dans le quartier
Puis le soir on retourne au Café de la place
Pour revivre un instant nos plus belles années
Refrain
À cinquante ans, je traque toujours le mot juste
Elle mélange rouges et bleus, elle taille des bustes
Dans l’art de la rime et dans celui des couleurs
Nous avons tous deux appris nos leçons par cœur
De notre bohème, nous n’avons rien perdu
Aujourd’hui encore, à soixante ans révolus
Devant un verre de vin au Café de la place
Nous gardons l’espoir fou de laisser notre trace
Refrain
Saysamone AMPHONESINH
26 - Mai - 2010