Vos yeux me sont, monsieur, un bien doux rendez-vous
Parmi tous ces regards inoffensifs ; mais sous
Le vôtre si brûlant, je m’embrase aussitôt
M’embrase aussitôt
Cette chaleur cachée est un joli défaut
Mais elle trahit, monsieur, vos profondes pensées
Dites-moi simplement, toutes peurs dépassées
Sans compliquer les mots, ce légitime désir
Avouez-le-moi donc que vous m’aimez, sans fuir
Depuis que nos chemins, monsieur, hardis, se croisent
Sur la place de la Comédie s’apprivoisent
Chaque matin mon cœur sans frein vous a suivi
Sans oser vous parler, tout à vous asservi
Quand vous me regardez, monsieur, je suis surprise
De cette intensité que vous avez conquise
Le soleil de ma vie, c’est de vous cette flamme De vous cette flamme
Qui effleure et berce le secret de mon âme
Vous m’observez, monsieur, et vous m’émerveillez
Je vous confie mon cœur, car vous me proposez
Le choix entre liberté et intimité
Mais vous aimer est ma plus grande liberté
Si vos yeux sont libres, monsieur, je n’ai qu’un rêve
De passer dans vos bras ma vie sans que s’achève
L’amour, je vous le jure, de vous comme vous êtes
Et faites donc, monsieur,
de ce que je suis vos conquêtes