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O nuit ! viens apaiser la ville de Santal(1)
Le soleil impuissant, dans sa gloire expirante,
S’enfonce lentement dans l’onde étincelante.
A l’horizon noircit le ciel occidental.
Nous voici près, tout près du That (2) monumental,
La forêt à l’entour s’est tue ; une âme errante
Viendrait-elle chercher, dans l’onde indifférente,
Le calme précédant le renouveau fatal ?
Tout est rêve sur l’eau : les pirogues sans toiles
Dorment sous le regard des profondes étoiles.
Du jour encor lointain qu’importe le retour ?
Le bonze à la pagode à genoux se recueille
Au pied du grand Bouddha qui, paternel, l’accueille.
Un jeune Laotien pense à la cour d’amour.
P. S. NGINN
Recueil de P.S.NGINN.
Fondateur de l'Académie Royale Lao
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