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Si tu rentres avant moi au pays,
Emporte mes précieux vœux attendris,
Aux gens de mon village que j’ai aimés,
A mes amis qui guettent mon retour,
A toutes les filles, à mon ex-amour,
Aussi à Vong, un jour, elle m’a détesté.
Si tu rentres le premier au pays,
Emporte sur toi mes souhaits bénis,
Dis à tous et crie que je les aime !
Dis-leur que c’est pour eux, ce poème !
Dis aux Khouba que leur Thamma, Thammo,
Dans ma prière, je les porte bien haut.
Si tu rentres et sans moi au pays,
N’oublie pas de conter ma maladie,
Elle m'ancre sans doute pour toujours,
Loin de mes racines, loin des beaux jours,
Loin d’une nuit d’été si embaumée,
Au goût des champs, je n’ai rien oublié.
Si dorénavant tu rentres au pays,
Le cœur léger, libéré des soucis,
N’oublie pas de déposer pour nous,
A la grande pagode de Paksé,
Sur la route de Tiao Anou,
Une fleur et une bougie allumée.
Si tu rentres clairement au pays,
Va te barboter dans les eaux boueuses
De la mère des eaux Lao(1) râleuse,
Va à Khone Phapheng puis à Li Phi,
Va au mont Phou Noy et à Wat Ban Na,
Et envoie-moi une fleur de champa..
Si tu rentres pour toujours au pays,
Cher ami, porte mes vœux infinis,
De bonheur à la terre lao des Rois,
A la République, aux lois et aux droits ;
Sache que ma vue, mon ouïe et ma foi,
Voyagent en première toujours avec toi.
Si tu rentres en premier au pays,
Tu as ainsi vaincu ta maladie !
Sois heureux et reviens-moi à Paris,
Allons boire au café du Paradis(2),
Rêver à la place de l’Opéra,
Si tu t’ennuies au pays du Champa.
Koupranom Abhay
20/02/2008
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