auteur:  
Koupranom Abhay

 

A nos deux amours, 

Champa fleur de mon beau pays, fleur de mon coeur,
Fleur de ma femme qui se parfume de toi,
Fleur des poètes qui te louent comme leur Roi,
Fleur de Bouddha, fleur des Lao, fleur de leur bonheur.

Je suis ravi, émerveillé qu’on t’ait choisie,
Toi au parfum si discret, si doux, si sucré,
Toi, dans les jardins de mon père, est parée,
Toi, que j’ai prise en amie pour faire ma vie.

Dans les pagodes, partout où va mon regard,
Comme la rose blanche d’un jour de Ronsard,
Au Palais Royal, du That Luang au mont Phousi,
Tu es là, auguste, partout dans mon pays.

Tu es l’inverse de Dok Fang que j’aime autant,
Autant tu es réservée, il est flamboyant,
Autant tu es simple, tu pousses dans le jardin,
Autant il se déploie et vit dans tous les terrains.

Autant tu cherches l’harmonie, il est audacieux, 
Il tache de rouge écarlate le ciel bleu,
Mais, il est la fleur de mon peintre préféré,
Au bord du Mékong, les ombres d’ébènes couchées,

 Ses tableaux romantiques nous invitent à rêver.
Marc Leguay a peint les fleurs de mon enfance,
Ses oeuvres honorent nos timbres-poste primés,
Tel Gauguin aux Marquises, il est de France.

Entre le pourpre du Dork Fang et le Dork Champa,
Ce n’est point  la guerre des deux roses opposées,
Mais les amours d’un peuple partagé et sympa,
Pour deux fleurs si différentes mais si aimées.

Chacun a sa fleur, la Thaïlande les orchidées
Le chrysanthème au japon est source de joie,
Les Bouddhistes, le Lotus est  la pureté,
Dans le bonheur, ou le chagrin, je pense à toi.

Ma mère priait avec Dork Soen sur son autel,
Dork Hak, Dork Dao Heuang est la plus prolifique,
Dork Khem, Dork Sam Pi, Dork Khoun est magnifique,
Dork Ban Deuk embaume la nuit et le ciel.  

"Mignonne allons voir" si la rose de Paksé,
A fleuri ! Je la nicherais dans ton cher coeur.

 

Koupranom Abhay
Paris, le 31 Mars 2007

 

 

  

Je dédie ce poème à mon ami Saysamone Amphonesinh,
L’amoureux et le spécialiste des fleurs de Champa.