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auteur: Inthava |
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Salade de papaye |
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Et voici enfin le moment que tu attendais :
Celui où enfin ces quelques mots viendront combler
Ton petit coin de rêveries, ton coin de poésies
Où, avec plaisir, te rejoignent de nouveaux amis.
Je n’ai pas la prétention d’être poétesse lao à succès,
Je ne suis en quelque sorte qu’enfant d’immigrés.
Ton pays n’est pas dans ma mémoire enfoui,
Mais il est vrai que tous mes souvenirs sont d’ici.
Mes origines, du Laos - que je n’ai jamais visité -
Ne me traduisent que des images assez limitées :
Assise sur une natte autour d’un panier gluant de riz,
Ceinture en argent et jupe laotienne pour ma mère si jolie.
Danse traditionnelle, salade de papaye ou Tam-Soum épicés,
L’eau me vient à la bouche en parlant de ces mets !
Loin des paysages qui inspirent ta nostalgie,
Je suis née en France, là où vous m’avez donné la vie.
Mon travail occupe une grande place dans mes pensées
Et je n’ai pas le temps de voir les années défiler.
Le salarié râle et n’est jamais assez payé selon lui,
Pas motivé, retards répétés, et en pagaille : arrêts maladie.
Mon seul échappatoire se trouve être mon jardin secret :
Là où les belles de nuit parfument mes soirées.
Auprès d’arbres, fleurs et autres cactées, je trouve le répit,
La paix en mon âme, mes démons s’enfuient.
La saison se termine, le cœur lourd quelque peu déprimé,
Serait-ce dû au travail, au stress de la rentrée ?
Ou plutôt se faire à l’idée que le jardin c’est fini,
Rendez-vous au printemps, et dehors : bonjour l’hiver gris.
Des perles de pluie glissent le long des tuiles mouillées,
Et tombent délicatement sur le bois exotique, de façon rythmée.
Je ferme les yeux : le voyage m’amène dans une douce Asie,
Abritée dans une pagode, je libère mon corps et mon esprit.
Le vent vient frôler le feuillage vert des bambous élevés ;
Je sais que j’imagine, mais il est bon de se dépayser !
La pluie, ce soir, me semble plus légère, romantique et amie.
Cette sérénité a ses limites et ma conscience resurgit.
Je pense à vous, mes parents ; je ne serai jamais en paix
A l’idée de ne pas détenir le pouvoir pour vous soigner,
Apaiser vos craintes, vos souffrances, aider davantage dans votre vie.
Vie comme vous m’avez donnée, à moi votre fille.
Inthava
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Poème lu par Dorothée GRISON |
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